La boîte à brouillard fonctionne

A Romans, les cinq structures d’ « éducation populaire » je veux dire, les maisons de quartier des Ors, Coluche, Guichard, St Nicolas et la Mjc Robert Martin, se rencontrent régulièrement soit les directions soit les présidences, soit les deux ensemble. Tantôt avec le service associatif et plus rarement mais néanmoins régulièrement avec l’élue de référence en la personne de Madame Delhomme, adjointe chargée de l’éducation populaire et de l’environnement. Mais ni voyez là, ni clin d’œil, ni malice, mais c’est ainsi, une femme qui s’appelle Delhomme ! Au grand dam des féministes. Bien loin de moi d’ouvrir une polémique sur ce sujet. Non ! Ce qui a préoccupé notre réunion des directions fut plutôt le rôle discret du service associatif et de son responsable. A dire vrai nous sommes perplexes sur les conditions de travail de ce comité technique et plus encore sur son utilité véritable. Pas de véritable ordre du jour, encore moins de compte-rendu. Mais surtout une difficulté d’animation du groupe qui fait que nous y perdons en efficacité, à force de ne pouvoir inscrire ce comité « directeurs », dans une démarche participative influente et constructive. Il y a de toute évidence de la bonne volonté de part et d’autre de la table, mais est-ce suffisant dans le contexte actuel ? Les difficultés des Maisons notamment financières, dans des perspectives mal définies par le financeur principal qu’est la ville. Cette nécessité de mutualisation, de coordination abandonnée en plein vol par peur, égocentrisme, par une auto-proximité affichée, non fondée, permettant un repli auto-satisfaisant de part et d’autre des quartiers. Il serait grand temps que l’élue à l’éducation populaire prenne le taureau par les cornes et que nous ayons un animateur de groupe allégé des lourdes contraintes d’une gestion de mairie annexe. L’enjeu de l’action social et culturel des quartiers, au travers des équipements comme les nôtres sont aussi importants que l’environnement ou le sport. Et pourtant il y a relégation au second plan de cette force vive, démocratique, participative. Les 1 million d’euros dépensés dans ce secteur n’ont de sens que si nos équipements prennent place dans le débat nécessaire à la transformation des liens sociaux qu’exige la société d’aujourd’hui et qu’ils soient reconnus pour tel. Il y a pour cela deux conditions, l’imposer à la ville et se l’imposer à nous même en cessant de se protéger derrière une proximité qui n’est, en réalité, que le douloureux constat d’un manque d’ambition politique. Immobilisme qui arrange la Ville, car elle a, à cet endroit, la possibilité d’instrumentaliser le système au profit d’un usage domestique, répondant ainsi la moyennisation d’une société devenue malléable, sensible aux desseins libéraux que la gauche « normale » ambitionne de porter haut avec cette circonstance atténuante que la crise procure.

L’éducation populaire est la mise en valeur des toutes les opinions, c’est-a-dire contraire à l’uniformisation de la pensée qu’impose le système. C’est ces opinions que nous défendons, que nous mettons en avant. Avec difficultés, heurts, lenteurs souvent, mal bien des fois. Peu importe, c’est un combat de chaque jours qui demandes des combattants, des guerriers face à cette armada libérale, qui elle, ne fait pas dans la dentelle. Pas besoin de chuchoteurs, de murmuriers, de silencieux, d’attendeurs, de révisionnistes sociaux, de réformistes bègues, de promus de la bonbonnière, d’avantagés de la cafetière, de gâtés à son Philippe. Vous aurez compris que nous en avons ras la casquette pour certains, ras la mèche pour d’autres. Bref, donnez-nous notre bien quotidien, ce n’est pas si compliqué que ça et les romanais vous le rendront au centuple, dans le secret de l’isoloir. Si avec les subventions vous vous achetez de la paix sociale, ne comptez pas y trouver nos consciences.

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